Se spécialiser peut être dommageable pour de jeunes athlètes

Extrait de http://activeforlife.com (12juin 2013):

On pourrait croire que se consacrer à un seul sport dès le plus jeune âge est la meilleure façon de réussir dans ce sport. Beaucoup de parents et d’entraîneurs à travers le pays pensent que c’est vrai, et font pression sur les enfants, parfois dès quatre ou cinq ans — pour qu’ils suivent un entrainement intensif en vue de devenir un athlète exceptionnel.   Mais un article du Huffington Post explique pourquoi une spécialisation précoce peut faire plus de mal que de bien.

« Souvent, ce que les parents et les entraîneurs ne réalisent pas, c’est qu’en encourageant la spécialisation à un si jeune âge, ils mettent le développement à long terme de l’athlète en péril », écrit Dre Sharon Chirban, professeure de psychologie à la Harvard Medical School.

Les sports à spécialisation constituent un entrainement à longueur d’année d’un seul sport en excluant tous les autres. Excepté quelques sports qui requièrent une spécialisation précoce comme la gymnastique, le patin à glace ou le plongeon, prendre part à plusieurs sports est bénéfique pour une approche tardive dans une spécialisation. Cela veut dire multiplier les sports jusqu’à l’adolescence de l’athlète.

Lorsqu’un enfant s’entraîne dans plusieurs disciplines, il fait travailler différents muscles et articulations, ce qui crée une meilleure condition physique, écrit Dre Chirban. « Ce modèle d’entrainement permet aussi aux jeunes athlètes d’acquérir une nouvelle gamme d’habiletés athlétiques qu’ils peuvent transférer à leurs autres sports, ce qui laisse croire à beaucoup d’experts que ce type d’entrainement donne en général de meilleurs athlètes. »

En d’autres termes, une spécialisation tardive et un échantillonnage précoce mènent au développement du savoir-faire physique.

L’échantillonnage présente aussi un autre avantage. Lorsqu’une saison sportive s’achève et qu’une autre débute — comme le hockey en hiver et le baseball en été —, les enfants permettent à leurs muscles de se reposer. De plus, une variété de sports casse la routine, ce qui varie le plaisir.

Dans le cadre d’une spécialisation tardive, tout avantage provenant d’une spécialisation précoce est de loin éclipsé par les dangers potentiels : des blessures dues au surentraînement à cause d’efforts excessifs ou de stress; l’épuisement; un découragement psychologique dû à la pression croissante; l’échec.

Selon l’American Academy of Pediatrics, moins de deux pour cent des athlètes qui se spécialisent deviendront des sportifs professionnels. Dre Chirban note que lorsque l’espoir de la bourse d’études, de la carrière professionnelle et du recrutement anticipé ne se matérialise pas après tous les efforts qu’ils y ont mis — la déception peut mener à la dépression ou à une perte d’identité.

« Le meilleur moyen de favoriser le développement athlétique de votre enfant est de l’encourager à pratiquer des sports puisqu’ils favorisent un mode de vie sain et actif, » écrit Dre Chirban. « La participation est aussi bonne pour l’estime de soi, le travail d’équipe et un bon esprit sportif. »

« Même si nous souhaitons que nos enfants soient bons en sport, nous devons aussi nous souvenir d’être de bons parents sportifs — ce qui signifie ne pas les pousser, ne pas leur mettre de pression et faire ce qui est le mieux pour leur santé et leur épanouissement. »


Enfants : pas de spécialisation avant 15 ans

La diversité est essentielle Extrait lepapeinfo.com (2012)

Un internaute souhaiterait que sa fille de 12 ans s’entraîne spécifiquement pour des épreuves de courses à pied enfants. Les conseils de notre spécialiste, Gilles Dorval.


La question :" Ma fille de 12 ans fait partie du club d’athlétisme de son collège (UNSS) elle y pratique toutes les disciplines. Cependant elle souhaiterait participer à des &épreuves de course à pied (sport qu’elle partagerait avec son père et ses frères), sur les courses enfants bien sûr ! Elle est benjamine, court sur 1 300m, mais sans entraînement spécifique. Comment pourrait-elle s’y préparer ? Elle fait 4h d’EPS  et 2h d’athlé par semaine."


La réponse de Gilles Dorval, spécialiste entraînement :


A son âge, et avant 15 ans, il est impératif de garder une activité athlétique diversifiée. L’objectif est de développer conjointement la  vitesse, la coordination motrice, la souplesse, la détente, le potentiel aérobie de l’athlète. Autant de qualités qui lui seront fort utiles au moment de se spécialiser à partir de la catégorie « cadet-cadette ».

A travers les différents entraînements proposés par son club ou son école, votre fille effectue déjà surement des exercices permettant de solliciter et de développer son potentiel aérobie. Cela se fait à travers :

  • Les footings d’échauffement en début de séance
  • Les cycles d’endurance durant en EPS
  • La participation aux cross sur des distances adaptées à son âge
  • L’aménagement de parcours « training » (ludiques de préférence) à effectuer plusieurs fois

Faites confiance à son professeur de sport ou/et à son entraîneur. En dehors de ces séances, ne cherchez pas à augmenter la charge de travail de manière significative. 6 heures de sport par semaine c’est déjà bien à son âge ! Si elle veut vraiment partager sa passion pour la course avec ses frères et son père, programmez juste un footing de 30 à 45 minutes maxi par semaine à courir en totale aisance. Si en fin de footing elle émet le désir d’accélérer, accordez-lui 5 minutes de course à allure libre suivies de 5 minutes de retour au calme.

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